Dominicains

Étape 6 Rue Philis de la Charce, Ancien Couvent Dominicains

La traite négrière fut une énorme entreprise de pratiquement cinq siècles de broyage d’humanités. Elle a nécessité l’alliance criminelle et afrocide des puissants d’Europe : aristocrates, industriels, savants et Église catholique. Celle-ci a joué un rôle central, son autorité morale dans la société européenne étant incontournable. Elle a co-produit une idéologie de légitimation de la Traite et de l’Esclavage des africain.e.s et s’est impliquée directement dans le partage des prédations négrières. Sans compter qu’elle en a bénéficié économiquement et confessionnellement.

D’un point de vue idéologique, l’Église a popularisé la légende de la descendance de Cham, fils maudit de Noé dans la Bible, condamné à n’être à jamais que l’esclave de l’esclave de ses frères, identifiant les Africains aux descendants de Cham.

Le 8 janvier 1454, le Pape Nicolas V, écrit au souverain du Portugal Alphonse V une bulle papale (un décret) spéciale l’autorisant à soumettre en esclavage « tous les sarrasins, païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient et de s’attribuer tous leurs biens ».

L’église chrétienne fut aussi l’institution qui consacra, par l’intermédiaire de son représentant le pape Alexandre VI (Bulle Inter Cœtera du 4 mai 1493) le partage du monde entre le Portugal et l’Espagne.

Pour finir, voyons ce que préconisait le Père Labat, de l’Ordre des Dominicains, planteur et théoricien de la plantation esclavagiste :

« Mais quand ils (les esclaves) s’étaient querellés ou battus, ou qu’ils avaient volé quelque chose, je les faisais châtier sévèrement. Car comme il faut avoir de la bonté et de la condescendance pour eux, il faut avoir de la fermeté, pour les tenir dans leur devoir et les y remettre lorsqu’ils s’en écartent. »

Proposition mémorielle

Fresque de la Cérémonie Vaudou du BOIS-CAÏMAN. Révolte anti-esclavagiste aboutissant à l’Indépendance d’Haïti en 1804.

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