Étape 7 Rue de « Bonnes »

Vers la fin du XIX siècle, l’industrie de la ganterie arrive au terme d’une prospérité inouïe. Le savoir-faire et la croissance de la demande amène à exporter ces produits de Grenoble vers les anciens empires. À cette époque le Dauphiné compte environ 1700 coupeurs et plus de 20.000 de brodeuses et couturières.

La différence de salaire entre les hommes et les femmes est à l’époque encore plus importante qu’aujourd’hui. La coupe réservée exclusivement à une main d’œuvre masculine et qui ne nécessite pas un gros investissement matériel, est mieux rémunérée.Les travailleurs et travailleuses de la ganterie sont des employé.e.s à domicile, comme dans le quartier Saint-Laurent. Le travail se fait souvent en famille, les gestes du métier se transmettant des parents aux enfants, les femmes et les fillettes cousant les gants.

Avec la libération du marché et l’introduction des machines à coudre, le travail de couturières est le premier et le plus fortement touché. Ayant contribué à la notoriété et la splendeur de Grenoble pendant des lustres, les femmes et leur travail dans la ganterie n’ont jamais eu aucune reconnaissance publique.

/// Nous accusons également le Bureau de Migrations des DOM (Bumidom) qui de 1963 à 1981 était chargé de gérer l’émigration des originaires d’outre-mer vers l’hexagone, d’avoir favorisé l’émigration de domiennes pour en faire en majorité des servantes.

Les discours officiels prétendait combattre par cette émigration le chômage dans les DOM, sans que jamais ne fût évoqué le fait que les allocations familiales n’étaient pas versées à ces femmes (d’ailleurs, à l’époque, c’était au mari qu’étaient versées les prestations sociales) et servaient à couvrir les frais de leur transport et de leur formation ou que celles qui ne recevaient pas d’allocations étaient tenues de… rembourser le Bumidom, une fois qu’elles auraient trouvé un emploi.

Proposition mémorielle : monument à toutes ces femmes invisibilisées et exploitées, pour leurs luttes et leur contribution à la justice sociale.

Facebook