Renommer symboliquement la rue Général de Beylié, acteur de la colonisation française en Afrique en "rue des Surréalistes"
Contrevent

Retour sur la Balade Décoloniale n°3

Samedi 13 octobre 2018, a eu lieu notre 3ème Balade Décoloniale dans les rues de Grenoble, organisée en partenariat avec Survie Isère. Une soixantaine de participant.e.s en permanence, un beau soleil d’automne, et la participation de Sonobécane pour l’amplification sonore et la musique !

8 figures et contre-figures : militaires coloniaux vs résistances

En 8 étapes ou presque, nous avons progressé de boulevard Gallieni (Flandrin-Valmy) jusqu’au boulevard (et école maternelle) colonel Driant en passant par le Monument en hommage aux combattants français au Maghreb, boulevard maréchal Leclerc, rue général de Beylié (proche de la place de Verdun), boulevard maréchal Lyautey, rue du 4ème régiment du génie, boulevard Maréchal Joffre.

À chaque étape, une personne présentait le militaire concerné : sa biographie, son rôle dans le processus colonial français etc.
Elle émettait également une proposition décoloniale, celle d’une figure que nous aurions aimé voir en lieu et place de ce militaire : Jacques de Bollardière, les Moudjahidates, hommage aux massacrés de Thiaroye, les surréalistes (contre l’exposition coloniale), Abdelkrim El Khattabi, la révolte des Yaouleds, les Sentiers de la Gloire (film), Paulette Nardal.

Ces biographies et ces « contre-figures » proviennent du travail d’écriture/relecture collective de stagiaires et bénévoles de Contrevent et Survie depuis le printemps 2018.

Les participant.e.s pouvaient se référer à un dépliant distribué gratuitement (au format pdf en fin d’article).

Décolonisons LES NOMS des rues de Grenoble

Nous avons renommé de façon symbolique les rues en accrochant à la plaque un panneau plastifié.

Par-ailleurs, nous avons collé sur les panneaux municipaux d’affichage libre un slogan en gros lettrage : « Décolonisons les rues de Grenoble ».
Au vu des réactions de certain.e.s passant.e.s, il s’avère que cette formulation peut être comprise comme xénophobe ou raciste. Comme si nous présupposions qu’il fallait « nettoyer » les rues de Grenoble, qui seraient « colonisées » par des des  « étrangers »…

L’inverse donc de notre démarche, qui vise à :
– identifier les parts d’ombre, les non-dits de l’Histoire officielle, notamment coloniale
– valoriser les contributions oubliées de celles et ceux qui n’ont pas eu la reconnaissance d’État
– montrer que les conséquences de cette histoire non-dite ou non-reconnue comme criminelle restent un frein à l’égalité réelle actuelle.

Nous lançons donc un appel à participation pour trouver des slogans non ambigus !

Vers d’autres balades décoloniales…

Aux abords du parc Paul Mistral, quelques instants de réflexion collective pour voir ce qui pourrait encore être décolonisé dans notre société, et les noms -propres ou communs- que nous aimerions voir célébrés dans nos rues. Puis clôture de cette balade autour d’une tarte et de boissons.

Une brochure qui reprend le dépliant de façon plus approfondie, avec quelques figures en bonus, a été vendue à prix libre. Elle est disponible ici au format pdf.

Après cette balade, des envies de continuer la recherche. Il reste de nombreuses figures ayant contribué au colonialisme  : les donneurs d’ordre politiques, les penseurs racialistes ou encore les intellectuels progressistes ambigus etc.
Bientôt, nous atteindrons une taille critique : pourquoi ne pas reproduire ces balades à destination de groupes restreints ? La réflexion est lancée…

 

Le dépliant (format A3)

La brochure (format A5)

 

 

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